Qu’est ce que la Santé Mentale ?

 

Selon le Gouvernement du Canada, la santé mentale est « la capacité qu’a chacun d’entre nous de ressentir, de penser et d’agir de manière à améliorer notre aptitude à jouir de la vie et à relever les défis auxquels nous sommes confrontés. Il s’agit d’un sentiment positif de bien-être émotionnel (…) qui respecte l’importance de la culture, de l’équité, de la justice sociale, des interactions et de la dignité personnelle ». Pour Christian Laval, sociologue et directeur de l’Observatoire National des Pratiques en Santé Mentale et Précarité, cette définition pourrait se résumer par l’expression : « être en situation de bien-être ». A ce titre, Maryse Bresson, professeur de sociologie à l’UVSQ, témoigne de la nécessité nécessite de distinguer la psychiatrie de la santé mentale. Elle affirme ainsi que « ce qui relève de la santé mentale est rapidement réinterprété au sein de notre société comme un problème de maladie psychiatrique » alors qu’il est essentiel de distinguer : 

— Le continuum des maladies : marqué par la présence ou l’absence des troubles mentaux, ce modèle curatif voit la guérison comme un idéal à atteindre. Il laisse place au public de la psychiatrie, mais s’avère être trop « restrictif et, par conséquent, clairement inadapté pour appréhender le terme de santé mentale » (Christian  Laval).

— Le continuum de la santé mentale négative/positive : moins catégorique, cette vision atteste qu’il est possible d’agir sur sa maladie, bien qu’elle ne soit pas entièrement maîtrisable pour autant. Lorsqu’elle est qualifiée de négative, la santé mentale renvoie à ce qui est de l’ordre des souffrances psychiques. Et, à l’inverse, lorsqu’elle est dite positive, elle est liée aux problématiques du bien-être, de la qualité de vie, voire du bonheur.

Au regard de ces éléments, selon Christian Laval, il est tout à fait possible d’être malade, au sens de la psychiatrie, tout en témoignant d’une bonne santé mentale. Il est notamment question des personnes qui, malgré leurs symptômes, gardent une certaine place dans la société, des relations sociales et une bonne alliance thérapeutique. La notion de santé mentale ne se caractérise donc pas seulement par l’absence de trouble psychique puisqu’elle prend en compte les aspects affectifs, cognitifs et comportementaux qui l’accompagnent. Il convient par conséquent d’être particulièrement prudent sur la manière dont les styles de vie dits « standards » devraient correspondre à la personne du point de vue de sa subjectivité. La santé mentale incite à s’interroger sur la réduction des risques en créant notamment une marge de manoeuvre entre une étiquette médicale psycho-pathologique et une identité sociale. La réelle question tend ainsi à s’interroger sur la manière dont la personne va pouvoir, du point de vue de sa subjectivité, construire son chemin de rétablissement.

En guise de résumé, nous citerons l’Organisation Mondiale de la Santé qui affirme qu’une « personne en bonne santé mentale est une personne capable de s’adapter aux diverses situations de la vie, faites de frustrations et de joies, de moments difficiles à traverser ou de problèmes à résoudre. Une personne en bonne santé mentale est donc quelqu’un qui se sent suffisamment en confiance pour s’adapter à une situation à laquelle elle ne peut rien changer ou pour travailler à la modifier si c’est possible ».

Et vous, qu’attendez vous pour travailler sur les entraves à votre bonne santé mentale ?

Sources : 

Gouvernement du Canada. (2006). Aspect humain de la santé mentale et de la maladie mentale au Canada, 2006 (N° de catégorie. HP5-19/2006F). Ottawa, Canada : Ministre de Travaux publics et Services gouvernementaux.

Organisation Mondiale de la Santé. (1946, Juillet). Préambule à la Constitution de l’Organisation mondiale de la Santé. Communication présentée à la Conférence internationale sur la Santé, New York.

Laval, C. (2011, Mars). Promotion de la santé mentale dans une perspective de santé publique. Communication présentée au D.U. « Santé mentale et précarité », Clermont-Ferrand, France.

Bresson, M. (2003). Le lien entre santé mentale et précarité sociale : une fausse évidence. Cahiers internationaux de sociologie, 115, 311-326.